Parce que nous nous retrouvons dans un contexte urbain autre, et qui induit un mode de vie émergent, il devient urgent de repenser l’architecture sous l’éclairage d’une conception du « chez soi », qui incorporerait le passage de l’homme du statut de sédentaire à celui de nomade.
Ainsi le chez soi nomade, qui ne serait pensable sans le rapport d’errance qu’entretient la mobilité, nous éclaire sur des aspects autres du chez soi, qui nous font soutenir l’idée, que ce dernier est une forme, dont les aspects possibles, se résument en : une étendue, un territoire, un sentiment et une valeur. Le chez soi prendrait un aspect ou un autre selon l’espace dans lequel il serait localisé.
Ce travail, qui se veut l’éloge du nomadisme, et qui réaffirme les vertus de la mobilité et de l’errance, remet, naturellement, en question le culte du lieu et condamne l’architecture qui le perpétue. Seulement, sommes-nous, suffisamment conscients de l’enjeu que représente l’abandon de plusieurs siècles de constructions ? Si, pour accompagner le mouvement circulatoire des hommes, il fallait abandonner ces formes architecturales qui ne nous correspondraient plus , quelle forme pourrait s’y substituer ? Est-il seulement possible de concevoir une architecture non plus de lieux et d’ancrages, mais de passages : l’objectif n’étant plus de fixer, mais d’ouvrir, de connecter et de faire communiquer ?
Sirine Farhat
Projet de thèse
Mobilité et habitat moderne : vers une conception paradoxale du chez soi
Mots-clés
Chez soi / mobilité / errance / nomadisme / espace / habitat / architecture / territoire / étendue / lieu