vers la question de la traduction
Les essais techniques, architecturaux, urbains et sociaux que constituent les chantiers expérimentaux de maisons préfabriquées dirigés par le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme après la Seconde Guerre Mondiale avaient pour objectifs d’expérimenter les nouvelles techniques et de mettre en pratique l’industrialisation du bâtiment. Parmi ces chantiers, il peut être surprenant de découvrir des maisons individuelles mettant à l’épreuve la préfabrication. Il existe trois quartiers de ce type en Ile-de-France. Chacun a fait l’objet de mesures de protections patrimoniales, alors même que le cahier des charges présentait ces édifices comme temporaires. En outre, le caractère expérimental des constructions les rend impossibles à restaurer, complexes à conserver et leur préservation demeure paradoxale. On peut alors s’interroger sur la notion même de patrimoine architectural, dès lors que ces maisons préfabriquées, appartenant tout autant aux disciplines de l’architecture que du design, sont l’objet d’inscription aux Monuments Historiques. Prenant pour point de départ un doute quant à la légitimité d’une patrimonialisation de ces maisons préfabriquées, cette recherche a pour premier objectif de proposer une nouvelle délimitation de la notion de patrimoine architectural. Le second enjeu porte sur le design, et sa capacité d’ouvrir des possibilités de traduction d’un patrimoine autre que son classement aux monuments historiques.