Sarah Ihler-Meyer

Projet de thèse
Le retour de l’allégorie dans l’art contemporain
Régime représentatif et esthétique positive

Cette thèse établira que l’art contemporain, considéré au-delà d’une simple définition chronologique, est concerné par un certain « retour » de l’ « allégorie ». Il s’agira par ce biais de préciser le rapport que l’art contemporain peut entretenir avec l’art moderne et plus généralement à l’Histoire de l’art.
Le titre « Le Retour de l’allégorie dans l’art contemporain » condense l’hypothèse selon laquelle l’art contemporain se définirait comme le moment d’un « retour » au « régime représentatif », tel que le définit Jacques Rancière, c’est-à-dire au paradigme « classique » de l’art, davantage que comme un dépassement de l’art moderne.
D’autre part, le sous titre « “Régime représentatif” et “esthétique positive” » impliquera de mener une étude concernant la relation entre la « tendance allégorique » de l’art contemporain et ce que Theodor Adorno qualifiait d’ « esthétique positive » ou « affirmative », c’est-à-dire à un art qui inscrit ses matériaux dans l’ordre de la rationalité (que constituent dans l’art classique les principes d’harmonie, de cohérence,…) sans qu’il y ait d’écart suffisant, d’incohérence pour l’advenue d’un sens « autre » (contrairement à ce qui se produit dans l’art moderne) et qui, en cela, va dans le sens de la domination du monde par la Raison instrumentale. Plus précisément, il s’agit de creuser l’idée selon laquelle la dimension conceptuelle de l’art allégorique éclipse la complexité sensible du monde, son opacité, au profit d’une « fausse » transparence.